Dans le cadre de notre marché avec le Département de l’Isère, nous avons réalisé pour la troisième fois la vidéo officielle de la Course de la Résistance ce 8 mai 2026. Cette année, c’est le secteur des Chambarans, au départ de La Côte Saint André, qui est à l’honneur.

Vidéo officielle de la Course de la Résistance 2026

VIDEO

Courir et pédaler dans les Chabarans

Ils étaient des milliers ce matin sur la ligne de départ, dans une ambiance mêlant recueillement et ferveur sportive. Organisée par le Département de l’Isère, la désormais célèbre « Course de la Résistance » a une nouvelle fois transformé les sentiers des Chambarans en un immense livre d’histoire vivant.

Sous un ciel isérois clément, jeunes collégiens, familles, sportifs aguerris et anciens combattants se sont élancés sur des parcours variés (2,5 km, 8 km et 16 km). Mais contrairement aux épreuves classiques, le chronomètre n’est pas roi. Ici, chaque foulée est un hommage à ceux qui, il y a quatre-vingts ans, risquaient leur vie dans les maquis pour notre liberté.

Un devoir de mémoire en baskets

L’initiative du Département, portée par sa commission « Mémoire et Citoyenneté », vise à ancrer l’histoire dans le présent. « Il ne suffit pas d’ouvrir les manuels, explique le vice-président en charge de l’éducation. Il faut que les jeunes Isérois foulent la terre où leurs aînés ont combattu. La course est un prétexte pour transmettre les valeurs de courage, de refus de l’oppression et de solidarité. »

Avant le départ, des panneaux pédagogiques jalonnaient le village départ. Des passeurs de mémoire – résistants de la deuxième génération et historiens – racontaient les actions héroïques des maquis du Vercors, de l’Oisans ou du Grésivaudan. Ainsi, en courant, les participants marchent littéralement sur les traces des passeurs et des parachutages d’armes.

Un parcours symbolique

La course principale, d’environ 8 km, passe par des lieux chargés d’histoire comme la stèle du maquis des Chambarans. Des ravitaillements inhabituels sont proposés : non pas des fruits secs, mais des lectures de lettres de résistants à haute voix, ou des chants du maquis interprétés par des chorales locales.

« C’est éprouvant, souffle Laura, 16 ans, élève de seconde à Villard-de-Lans, encore essoufflée. Mais à chaque fois que j’avais une crampe, je pensais à ces étudiants de mon âge qui partaient sans rien pour rejoindre le maquis l’hiver. Courir sous la pluie, c’est finalement peu de chose. »

Une mobilisation record

Cette année, le département enregistre une participation en hausse de 15 %, signe que le devoir de mémoire reste une préoccupation citoyenne forte. Au-delà de l’aspect sportif, la journée intègre un volet « solidaire » : chaque inscription est associée à un don reversé à l’Office national des anciens combattants (ONAC) pour l’entretien des sépultures des résistants isolés.

À l’arrivée, place de la Resistance à Grenoble, pas de flamme olympique mais une flamme du souvenir, ravivée par le dernier survivant connu du maquis du Vercors, âgé de 101 ans. Les coureurs franchissent la ligne sous une haie d’honneur formée par des porte-drapeaux.

« Tant qu’il y aura des jambes pour courir et des cœurs pour se souvenir, la flamme de la Résistance ne s’éteindra pas », a conclu le président du Département, avant de remettre aux premiers arrivés non pas des médailles classiques, mais des copies de cartes de résistants.

Rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine, avec un nouveau parcours. En Isère, l’histoire ne se lit pas au coin du feu : elle se vit à bout de souffle, mais tête haute.

A voir : le site officiel de la Course de la Résistance ou notre article sur l’édition 2024.