Sous la baguette du Maestro Mickael Favard et de l’équipe de l’entreprise Favoriz, nous avons participé au Live de l’édition 2026 de la Skyrace des Matheysins, après une édition 2025 réussie quoique gacher par le vent qui avait limiter l’utilisation des drones. Si la météo de ce week-end du 1er mai 2026 n’a pas été parfaite, elle a toutefois permis une retransmission de belle qualité et un travail des équipe de Favoriz, Grip Media et 1628films dans de bonnes conditions. Mais avant de vous donner quelques précisions sur le dispositif technique de ce live en montagne, voici le replay.
Replay Skyrace des Matheysins 2026
Cadreurs à moto
L’innovation cette année a résidé dans le dispositif de tournage des cadreurs en moto électrique qui assurent les images de près de la moitié du parcours sur les têtes de course dames et hommes. En effet, nous avons pu développer et fabriquer un système de rotation électrique de la caméra, piloté depuis le guidon des motos par le pilote. Un système qui permet une plus grande qualité et plus de variété dans la réalisation des images par les cadreurs-motards, avec également une plus grande sécurité pour eux puisqu’ils n’ont plus besoin de lâcher leur guidon pour orienter leur caméra.
Reel Instagram
L’équipe du Live
Réalisateur : Mickaël Favard
Chargée de production : Carole Bieth
Régie : Guillaume Rabaud & Lucas Bruchet
Transmissions : Thomas Dorléans
Ingénieur du son : Laurent Mollard
Cadreurs : Fafa Cassing, Olivier Jean, Hervé Doulat, Elouan Bellot, Nicolas Peak, Denis Bois, Chris Tong Viet
Camruners : Mattéo Favre, Adrien Corvoisier, Mathieu Jacquet, Fleury Roux.
A propos des Skyrunner World Series : le grand cirque des montagnes revit
De l’Argentine aux sommets espagnols en passant par l’Himalaya, le circuit mondial du skyrunning repart en 2026 pour une saison qui s’annonce comme l’une des plus disputées de son histoire. Avec dix-neuf courses réparties sur quatre continents et 250 000 euros à la clé, les Skyrunner World Series ont retrouvé leurs lettres de noblesse après une traversée du désert forcée par la pandémie.
Le renouveau des courses de haute montagne
Créé en 2004 sous l’égide de la Fédération internationale de skyrunning, le circuit a connu des heures sombres. La pandémie l’a laissé exsangue, tandis que l’explosion des Golden Trail Series et l’arrivée en fanfare du géant UTMB menaçaient de le reléguer aux oubliettes.
Mais les montagnards n’ont pas dit leur dernier mot. « À partir de 2022, on a retrouvé les fondamentaux », confie un observateur. Finies les formules hybrides. Place à ce qui a toujours fait le sel du skyrunning : des distances courtes à moyennes (entre 18 et 42 km), des dénivelés faramineux, et des profils techniques où chaque mètre se gagne sur le fil des crêtes.
L’objectif de la discipline ? Se différencier résolument du trail « classique » et revendiquer une identité propre — celle d’un sport extrême où l’altitude, le pourcentage de pente, l’exposition rivalisent avec les éléments. Et ça marche. Pour beaucoup, la saison 2025 aura été la plus belle jamais disputée : qualité des engagés, prestige des épreuves, incertitude jusqu’à la dernière foulée.
2026 : plus de points, plus de continents, plus de drames
Cette année, le calendrier passe à 19 courses dans 12 pays — avec trois grandes premières. L’Amérique du Sud ouvre le bal (Argentine, Chili puis Pérou), l’Asie s’étoffe, et pour la première fois depuis six ans, la Yading Skyrace (Chine) est de retour sur la carte. Quant aux États-Unis, ils se glissent dans la danse avec la Beast of Big Creek, une nouvelle venue aux allures de terrain de jeu XXL.
Les puristes exigeront, eux, de retrouver les épreuves historiques : Trofeo KIMA (Italie), marathon des alpages vertigineux, Monte Kinabalu Climbathon (Malaisie) ou encore la Skyrace des Matheysins (France), ovni technique à l’ancienne.
Pour corser l’affaire, le système de score a été retravaillé. Les courses sont désormais étiquetées ROUGE (facteur x 1,5) ou BLANCHE (x 1). Les athlètes devront impérativement s’aligner sur au moins une rouge et placer un maximum de deux rouges dans leur total final. Stratégie et régularité priment désormais sur la simple accumulation — ce qui ajoute une dose de calcul tactique à l’endurance brute.
Les combinaisons possibles sont simples : soit 2 ROUGES + 2 BLANCHES + la finale, soit 1 ROUGE + 3 BLANCHES + la finale . Une manière de récompenser ceux qui osent se frotter aux épreuves reines sans pour autant fermer la porte aux têtes d’affiche préférant courir plus souvent.
La grande messe finale porte un nom rêvé : Marató dels Dements (Espagne). Le 7 novembre, les montagnes valenciennes verront débouler les meilleurs skyrunners de la planète au terme d’un parcours âpre (42 km, 3 800 m D+) doublé d’un suspense haletant. Une seule exigence pour y participer : avoir bouclé au moins quatre manches et réalisé un top 20 dans l’une d’entre elles. Pas de place pour les touristes.
L’argent et les stars
Les champions de 2025 sont fixés : chez les hommes, l’Italien Luca Del Pero (Team Scarpa) a coiffé la couronne après un final renversant. Chez les femmes, la Russe Anastasia Rubtsova (Team BIVIUM) a écrasé la concurrence avec six victoires lors de la saison et un deuxième titre consécutif. Le spectacle de leur duel au sommet a redonné en partie ses lettres de noblesse au circuit.
Le jackpot, lui, atteint 250 000 € de dotations, dont 100 000 € pour le classement général final. Un signal clair envoyé aux coureurs comme aux sponsors : il faut désormais compter avec les Skyrunner World Series.
Un territoire encore fragile
Tout n’est pourtant pas réglé. Le calendrier reste dominé par l’Europe et l’Asie du Sud-Est, mais l’ouverture vers l’Amérique latine et la Chine laisse espérer un vrai maillage planétaire. L’équilibre financier des courses demeure précaire, et la concurrence avec les autres circuits ne désarme pas. Mais le cap est clair : pousser en avant l’identité singulière du skyrunning, cette discipline exigeante et souvent mésestimée qui dit non aux parcours roulants et oui aux crêtes vertigineuses.
La saison 2026 promet spectateurs et sportifs serrés comme des cordées. De Cuatro Refugios (Argentine) à la grande finale de Marató dels Dements, la chasse aux points s’annonce féroce. Et si le ventre du monde se déchire parfois sur ces sentiers d’altitude, c’est bien pour en extraire la matière première des légendes : un souffle, une faiblesse, une glissade ou un dernier coup de reins qui peut faire basculer tout un classement.
Le cirque est en piste. Le ciel vous attend.










