Adieu Criterium du Dauphiné ! Et bienvenue au Tour Auvergne-Rhône-Alpes, plus prestigieuse course par étape du monde en dehors des 3 grands tours. Un changement majeur sur la forme mais pas sur le fond avec ces étapes qui sillonnent notre belle région, en particulier les secteurs montagneux des Alpes et du massif central. Comme chaque année, la Région Auvergne-Rhône-Alpes offre l’opportunité aux jeunes cyclistes de son territoire de venir rouler comme les pros. Et même avec un pro, certes à la retraite sportive mais avec tant d’expérience à partager. Deux journées organisées pour les deux catégories d’âge permettant à chaque fois à une soixantaine de filles et de garçons de partager une expérience riche et intense, accompagnés par Blaise Sonnery, ancien coureur de l’équipe AG2R-La Mondiale.
Clip du mercredi – Tour AURA des jeunes
Tour AURA des jeunes vidéo du samedi
L’équipe du projet
- Cadreur : Elouan Bellot
- Journaliste : Stéphane Durand
- Monteurs : Jérémie Chenal & Hervé Doulat
Histoire du Criterium du Dauphiné
Du Critérium du Dauphiné au Tour Auvergne-Rhône-Alpes : l’histoire d’une course devenue vitrine d’un territoire
Pendant près de huit décennies, le Critérium du Dauphiné a occupé une place singulière dans le paysage du cyclisme international. Répétition générale du Tour de France, laboratoire des grandes stratégies estivales et terrain d’expression privilégié des grimpeurs, l’épreuve a accompagné l’évolution du cyclisme moderne tout en restant profondément ancrée dans les montagnes et les vallées du sud-est de la France. Aujourd’hui, alors que la Région Auvergne-Rhône-Alpes renforce son engagement dans le sport et le tourisme, la transformation progressive de l’épreuve vers une identité davantage associée au territoire régional marque une nouvelle étape de son histoire.
L’aventure débute en 1947. À peine deux ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le journal Le Dauphiné Libéré décide de créer une course cycliste destinée à promouvoir son aire de diffusion. Baptisée « Critérium du Dauphiné Libéré », l’épreuve traverse les départements alpins et préalpins, offrant rapidement un terrain idéal aux coureurs complets. Dès les premières éditions, elle attire les meilleurs spécialistes des courses par étapes.
Un succès immédiat
Le succès est immédiat. Dans une France en reconstruction, le cyclisme constitue l’un des principaux spectacles populaires. Les routes de l’Isère, de la Savoie, de la Drôme ou encore des Hautes-Alpes deviennent le théâtre d’affrontements sportifs qui contribuent à forger la réputation de la course. Très vite, remporter le Dauphiné devient un objectif prestigieux.
Au fil des décennies, le palmarès s’enrichit de noms légendaires. Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Miguel Indurain, Lance Armstrong, Chris Froome ou encore Primož Roglič ont inscrit leur nom au palmarès de l’épreuve. Plus encore qu’un simple succès, une victoire sur le Dauphiné est souvent perçue comme un signe annonciateur d’une grande performance sur le Tour de France quelques semaines plus tard.
Cette proximité avec la Grande Boucle constitue l’un des principaux atouts de la course. Organisé traditionnellement au mois de juin, le Critérium du Dauphiné permet aux favoris du Tour de tester leur condition physique, leur matériel et leurs stratégies dans un contexte de compétition relevé. Les organisateurs ont d’ailleurs toujours veillé à proposer des parcours exigeants, mêlant contre-la-montre, étapes accidentées et arrivées en altitude.
Que la montagne est belle…
Les montagnes occupent une place centrale dans l’identité de l’épreuve. Le Galibier, la Croix-de-Fer, le Mont Ventoux, le col de la Madeleine ou encore le col du Glandon figurent parmi les ascensions mythiques régulièrement empruntées. Ces routes spectaculaires ont contribué à façonner l’image du Dauphiné comme une course de grimpeurs, où les écarts se creusent souvent dans les grands cols alpins.
L’histoire récente de l’épreuve est également celle d’une transformation institutionnelle. En 2010, l’organisation passe officiellement sous la responsabilité d’ASO (Amaury Sport Organisation), déjà propriétaire du Tour de France. Le nom de la course évolue alors pour devenir simplement « Critérium du Dauphiné », marquant la fin du lien direct avec le quotidien régional qui l’avait créée plus de soixante ans auparavant.
Cette évolution s’inscrit dans une logique de professionnalisation et d’internationalisation. Le cyclisme moderne est devenu un sport mondialisé, diffusé dans des dizaines de pays et suivi par plusieurs millions de téléspectateurs. Dans ce contexte, le Dauphiné conserve son identité historique tout en cherchant à renforcer sa visibilité internationale.
Parallèlement, les collectivités territoriales prennent une place de plus en plus importante dans le financement et la promotion des grands événements sportifs. La Région Auvergne-Rhône-Alpes, créée en 2016 à la suite de la fusion de l’Auvergne et de Rhône-Alpes, voit dans cette course une formidable vitrine pour son territoire.
Avec ses volcans, ses plaines, ses lacs et surtout ses massifs montagneux, la région dispose d’un patrimoine naturel exceptionnel. Chaque édition du Dauphiné offre plusieurs heures d’exposition télévisée dans le monde entier. Les images des Alpes, du Vercors, du Beaujolais ou du Massif central participent à la promotion touristique d’un territoire qui accueille chaque année des millions de visiteurs.
C’est dans ce contexte qu’émerge progressivement l’idée d’une identité plus directement associée à la région. Sans renier l’héritage du Critérium du Dauphiné, certains acteurs institutionnels envisagent depuis plusieurs années une évolution vers une appellation davantage représentative de l’ensemble du territoire régional. L’expression « Tour Auvergne-Rhône-Alpes » apparaît ainsi comme une continuité logique de cette dynamique.
Une telle évolution répondrait à plusieurs objectifs. D’abord, mieux refléter la réalité géographique de la course, dont le parcours dépasse désormais largement les frontières historiques du Dauphiné. Ensuite, renforcer la visibilité de la marque territoriale Auvergne-Rhône-Alpes auprès du grand public et des médias internationaux. Enfin, valoriser l’ensemble des départements de la région, des sommets alpins aux paysages volcaniques auvergnats.
Cette transformation s’inscrirait également dans une tendance observée ailleurs en Europe. De nombreuses courses cyclistes sont devenues des outils de communication territoriale. Le Tour de Suisse, le Tour de Catalogne ou encore le Tour du Pays basque illustrent cette volonté d’associer étroitement une compétition sportive à une identité régionale forte.
Pour autant, la question du patrimoine historique demeure centrale. Le nom « Critérium du Dauphiné » bénéficie d’une notoriété construite sur près de quatre-vingts ans d’histoire. Il évoque instantanément le haut niveau sportif, les grandes ascensions alpines et les champions qui ont marqué le cyclisme mondial. Toute évolution devra donc trouver un équilibre entre modernisation et préservation de cet héritage.
Les amateurs de cyclisme restent particulièrement attachés à cette mémoire collective. Les exploits de Luis Ocaña, Bernard Thévenet, Charly Mottet ou encore des générations plus récentes appartiennent à l’histoire du sport français. Le Dauphiné n’est pas seulement une course ; il constitue un élément du patrimoine cycliste national.
L’avenir de l’épreuve repose précisément sur sa capacité à conjuguer tradition et innovation. Les enjeux environnementaux, le développement du tourisme durable, la promotion des mobilités douces et l’attractivité des territoires sont désormais au cœur des préoccupations des organisateurs et des collectivités partenaires. Dans ce cadre, un éventuel Tour Auvergne-Rhône-Alpes pourrait devenir bien davantage qu’une simple compétition sportive : une véritable vitrine des savoir-faire, des paysages et de l’identité régionale.
Qu’il conserve son nom historique ou qu’il adopte une nouvelle appellation, l’événement continuera sans doute à occuper une place privilégiée dans le calendrier cycliste international. Chaque mois de juin, les meilleurs coureurs du monde continueront à se mesurer sur les routes escarpées qui relient vallées, cols et sommets. Et comme depuis 1947, les passionnés y verront un avant-goût du Tour de France.
Le Critérium du Dauphiné a traversé les générations sans perdre son âme. Son évolution vers une identité régionale plus affirmée apparaît finalement comme le prolongement naturel d’une histoire qui a toujours été celle d’un territoire et de ses montagnes. Entre mémoire et ambition, l’épreuve continue ainsi d’écrire l’une des plus belles pages du cyclisme français.
Le site officiel du Tour AURA
Notre production sur l’édition 2022.










